Mont Ventoux

Le mont des vents, le mont du Mistral, le mont des cyclistes, le mont blanc de calcaire, le mont vu depuis Avignon, le mont de Vaucluse, le mont Géant de Provence, le Mont Ventoux.

*Tous droits reservés, reproduction interdite sans l’accord de l’auteur.

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Cirque

Cette semaine, au spectacle Verekai, des canadiens du Cirque du Soleil, j’ai été transporté à un monde de fantaisie, imagination et beauté. Au lieu de tricher l’organisation et essayer d’en prendre des photos, j’ai choisi tout sentir, tout profiter, sans le souci de l’enregistrement. J’avoue que ce n’est pas facile de se tenir devant autant de beauté, mais j’ai réussi. En 2003, aux États-Unis, j’ai l’occasion d’assister à un autre spectacle, La Nouba, également beau et magique, duquel j’ai fait trois petites photos, tremblés, mal prises, mais qui ont le pouvoir de créer une très vive émotion sur mes souvenirs.

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Les uruguayens

L’Uruguay est vraiment un pays enchanté pour moi. J’y suis allée que deux fois, mais chacune m’a transmit l’impression d’un pays naïve, généreux, simple, mais digne, petit, mais noble. Il y a trois ans, j’ai publié une sélection de photos de voitures uruguayennes. Cette fois-ci, je fais un petit hommage aux uruguayens, ce peuple d’un air mystérieux et sincère.

*Tous droits reservés, reproduction interdite sans l’accord de l’auteur.

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Images de la vie

Depuis l’âge de 11 ans, j’ai découvert mon énorme passion pour la photographie. J’aime la sensation de photographier, j’aime regarder attentivement les photos, j’aime imaginer et travailler avec elles. Comme j’ai peu de temps à consacrer à l’écriture (but majeur de ce blog), j’ai décidé d’en partager un peu de ma production photographique, des images qui font partie de ma vie, des endroits et des personnes avec qui j’ai croisés, des portraits qui réfléchissent ma façon d’apercevoir ce monde, un certain regard.

Voilà les premières photos : les tramways du vieux centre de Santos, au Brésil. Il y en a un qui a été offert par la ville de Porto, au Portugal, et qui affiche toujours son nom d’origine.

Les tramways de Santos

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Parlons aux inconnus

Ce post a été écrit en avril 2010. Presque un an après, je lui mets en ligne.

En découvrant c’est délicat et audacieux blog, L’inconnu du métro, j’ai été saisi d’un mixte de empathie et identification lorsque des moments vécus en époques différentes me sont revenus à l’esprit. Un, c’était il y a quelques semaines, j’étais au supermarché et me demandais quelles types d’oranges étaient les meilleures pour en faire du jus de fruit. L’homme à mon côté choisissait lui aussi ses oranges et moi, enviant sa sagesse, me suis mise à essayer de m’apercevoir des caractéristiques des fruits qu’il mettait dans son sac. « C’est pour faire du jus de fruit? », a-t-il posé la question. Je lui ai répondu affirmativement en secouant la tête. « Alors, reprit-il, il faut choisir celles dont l’écorce reste très lisse. Le plus rugueux, le moins de jus elles y portent ». Contente de cet approche et de ce que je venais d’apprendre, on s’est mis à bavarder pour un petit moment.

 

Masp. Photo: Helena

Ce type de contact, très courant pour moi et pour pas mal de gens, j’imagine, me rappelle le surnom qui m’a été désigné par une copine: Helena-des-amitiés-faciles. Elle m’appelait par ce « prénom » depuis nos vacances ensemble à Florianópolis, où on se baladait tout le temps en faisant du stop ou en bus,  en connaissant des gens de tout sort, soit à l’arrêt du bus, soit dans les plages, un peu n’importe où. J’allais vers les gens, avec cette envie de découvrir l’autre, d’entendre des histoires, de partager un petit moment ensemble.

Je me suis beaucoup surprise le moment où j’ai vécu un instant comme celui-ci en France. Surprise parce que ce type de conversation, dans les queues, dans les arrêts de bus, se font plus rares en France qu’au Brésil, par exemple. Je voyagais en TGV de Dijon à Marseille, en passant par Lyon. Un incident s’est produit sur les rails, tous les trains étaient en retard. En arrivant à Lyon, où je devrais changer de train, le mien était déjà parti et j’ai dû monter sur un autre. En n’ayant plus de places disponibles, moi et presque une dizaine de voyageurs nous sommes mis dans l’espace entre deux voitures. Le silence régnait lors que quelqu’un a decidé de le briser en faisant un commentaire drôle sur la situation sur laquelle on se trouvait. S’y est suivi un imense éclat de rire et tout le monde a entamé des conversations comme des vieux amis, racontant ce qu’il était en train de faire avant d’être boulerversé par le retard, ce qu’ils faisait dans la vie, ce que les amusaient. Le restant du voyage a passé très vite et on n’a même pas eu mal aux jambes d’être débout pendand longtemps. Je constatais: les Français savaient eux aussi se laisser aller par des bons moments avec des complets étrangers.

Communiquer avec des étrangers, des inconnus, c’est une chose à laquelle nous, brésiliens, sommes habitués depuis l’enfance, nous apprennons à vivre tournés vers l’autre. Ceci a de bonnes et des mauvaises conséquences. Par exemple, le fait de participer plus à la vie des autres peut être parfois enrichissant, les gens échangent plus uns avec les autres et sont plus disponibles à aider, à être au secours. De l’autre côté, c’est plus facile d’avoir des gens qui envahissent la vie des autres et de perdre l’intimité.

 

Peinture murale à SP. Photo: Helena

Pourtant, je m’appercois que de moins en moins, les gens ont cette capacité. Moi aussi, je me renferme et je ne vivre plus ces moments que j’aimais autant.  La semaine dernière, un homme barbu, vetu de chemise blanc et pantalon noir c’est approché de moi au quai du train. Avec un fort accent, il m’a demandé si j’étais étudiante à l’USP (Université de São Paulo) — nous étions dans l’arrêt proche de l’université. Ensuite, il a posé d’autres questions et m’a dit qu’il était professeur d’arabe, qu’il donnait des cours au centre-ville, que c’est une langue jolie d’apprendre pour ceux qui aiment la culture, etc, etc. Je lui ai posé une seule question: d’où il venait.  À ce qu’il a répondu: Libye.  À ce point-là, j’étais plus interessée sur mon audio-livre et n’ai pas donné suite à la conversation. Le soir, chez moi, je me rends compte que j’ai coupé le contact avec quelqu’un qui pouvait être intéressant — ou non, on ne sait jamais, mais ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre un libyen dans la rue! C’est vrai que plusieurs fois je me sens responsable pour la personne, il faut pas que je la blesse, il faut que je lui donne un peu d’attention. De l’autre côté, il faut que cette approche soit naturelle, pas une obligation. En y réflechissant un peu plus, je comprendre que ce n’est pas que je me renferme, ou que l’âge nous laisse plus éloignés des autres, c’est le quotidien, c’est sont les habitudes de tous les jours qui nous rendent ainsi. C’est notre faute, oui, parce qu’on laisse la routine nous écraser.

Quand je voyage je ne suis pas la même personne, je ne suis pas dans une routine, je suis ouverte à toute conversation, à tout contact. Quand je voyage, je sens que je suis vraiment moi, je vois une beauté dans les petites choses auxquelles je m’éloigne quand je suis chez moi. La même chose doit arriver à pas mal de gens, j’imagine. Le défi est de parler aux inconnus chez nous, quand on a envie, sans se laisser fermer par le poids de la routine. On a tant de choses à découvrir…

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Découverte du jour

Il vaut mieux faire quelque chose (même que le résultat ne soit pas le meilleur) que rester dans le carrefour en regardant le chemin en face et ne pas oser donner le premier pas.

Signé par: une perfectionniste/procastinatrice pro qui ne publie pas les six articles en brouillon, mais a décidé de publier cette évidente découverte du jour.

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Désert

Peut-être dû au fait d’avoir commencé à écrire pendant qu’il était encore enfant, Le Clézio a gardé dans son texte une perspective infantile, chargée d’humanité, simple, pure – une caractéristique qu’il a su transporter à la trajectoire des deux personnages principaux de Désert. Avec près de 100 ans de distance parmi eux, Lalla et Nour partagent leur existence dans le désert, l’expérience de la migration et la rencontre avec une réalité différente de celle qui leur avait été promise. Tandis qu’il tisse ces deux histoires, Le Clézio fait le récit historique de l’invasion chrétienne-européenne du Sahara Occidental et du Maroc, de l’extermination du peuple du désert et de la soumission à laquelle ils ont été contraints, au nom de la raison économique. En parallèle, un autre contexte historique est établi, celui de l’Europe du sud à la fin du 20ème siècle par rapport aux immigrants. La pauvreté, l’abandon, la saleté, la violence, la criminalité, l’indifférence sont découverts pour ceux qui arrivent à Marseille à la recherche de quelque chose qui leur a été enlevée: un endroit pour vivre.

Couverture "Désert"

C’est ainsi que l’histoire du jeune Nour, 100 ans auparavant, montrera pourquoi la jeune fille Lalla vit dans un bidonville, entre le désert et la mer en Afrique du Nord, où les maisons sont de bois et de papier goudronné. Alors que Nour erre dans le désert avec son peuple et les guerriers bleus, chassés par les Espagnols et les Français, il observe les rites religieux et les croyances des gens en quête de survie. Lalla s’est également livrée aux traditions musulmanes dans son village, même si son lien est plus fort avec les forces du désert, du sable, des pierres, de la lumière et de la chaleur qui brûlent sa peau, qui remplissent son corps.

Autant dans le récit de la vie de Nour et de son peuple nomade que dans celui de Lalla, le texte est parsemé d’une poésie descriptive intense et multisensorielle, qui passe du toucher aux odeurs, du cri au silence, de la douleur à la paix, de la vérité jusqu’au nihilisme. Les impressions de l’environnement, les sensations éprouvées par les personnages imprègnent la lecture, renforcées par la répétition constante utilisée à dessein par l’auteur. À travers le point de vue des deux enfants, cependant, pas de jugements. C’est presque une vision d’enfant, candide, de sorte que l’histoire est racontée sans positions politiques, religieuses, mais qui ne manque pas de dénoncer la triste réalité d’un peuple.

Western Sahara

Une des facettes intéressantes de ce livre, qui a donné à l’auteur le prix Nobel de littérature en 2008, est d’apporter un morceau de l’histoire du Sahara Occidental, si peu présente et si peu connue. Le Sahara Occidental est l’un des quelques territoires non autonomes dans le monde. Ce pays, qui ne peut même pas être appelé pays, vit entre l’hégémonie du Maroc et de l’Algérie après avoir été abandonné par les Espagnols dans la misère et être passé entre les mains de plusieurs nations. La misère d’aujourd’hui est la misère laissée par ceux qui ont profité de la richesse, ont causé la mort et la douleur, ont pris ce qu’ils pouvaient pour leur pays et ont finalement quitté le désert, laissant derrière une totale désolation. Le moment présent n’est rien de plus que la continuation de nombreux moments historiques, y compris celui dans lequel les autochtones ont été rendus et massacrés par les chrétiens.

À travers les yeux de Nour, nous voyons l’histoire d’un peuple en caravane, misérable, qui essaye jusqu’au dernier moment de garder sa vie, mais à la fin ne peut rien contre la force des armes de l’Europe:

Debout au bord de la piste, il les voyait marcher lentement, levant à peine leurs jambes alourdies par la fatigue. Ils avaient des visages gris, émaciés, aux yeux qui brillaient de fièvre. Leus lèvres saignaient, leurs mains et leur poitrine étaient marquées de plaies où le sang caillé s’était mêlé à l’or de la poussière. Le soleil frappait sur eux, comme sur les pierres rouges du chemin, et c’étaient des vrais coups qu’ils recevaient. Les femmes n’avaient pas de chaussures, et leurs pieds nus étaient brûlés par le sable et rongés par le sel. Mais ce qui était le plus douloureux en eux, ce qui faisait naître l’inquiétude et la pitié, c’était leur silence. Aucun d’eux ne parlait, ne chantait. Personne ne pleurait ni ne gémissait. Tous, hommes, femmes, enfants aux pieds ensanglantés, ils avançaient sans faire de bruit, comme des vaincus, sans prononcer une parole.

Le désert

Ainsi est le désert qui tue, qui brutalise, qui intimide, qui assèche le corps, et qui à la fois fascine Lalla. Héritière des hommes et des femmes du désert, elle trouve dans le caillou, dans le sable sec et déchirant, dans les épines, le refuge du bidonville où elle habite. Là, en sentant la chaleur pénétrer son corps, en écoutant les animaux et les insectes, en laissant la lumière envahir ses yeux, Lalla peut entrer en communication avec ses ancêtres et avoir la force de s’échapper, aller à Marseille, la ville qui a été décrite plusieurs fois par son ami, un vieux pêcheur. Dans les rues du Panier, Lalla vivra en compagnie de gens de la rue et des immigrés méprisés, et va aussi sentir l’odeur repoussante de la maladie, la mort, la misère, la crasse. Toutefois, il est toujours agréable de voir la description de Lalla de cette vie qui bat en Marseille. Pendant qu’elle retrace son parcours à travers le Vieux-Port et le Panier, viennent à l’esprit la couleur, la lumière, les vibrations de cette ville. Dans chaque escalier, petite rue, il y a une vie qui est réelle, imparfaite, mais réelle. La ville se montre, toutefois, une grande ville qui peut finir par écraser ses habitants et qui fait penser Lalla au désert.

Malgré un début de lecture laborieux, pas habituée à des descriptions complexes et répétitives de Le Clézio, je me suis trouvée enchantée par le chemin des deux enfants et la sagesse avec laquelle un morceau d’histoire de l’Afrique est décrit. Il y a dans le texte une façon de ne pas révéler la réalité directement ou clairement. Nous percevons, soupçonnons, jusqu’à ce qu’au cours d’un autre événement, nous apprenions enfin la vérité… Il y a aussi beaucoup de subtilité, de pureté, mais qui sont capables d’animer la révolte contre l’injustice, contre la guerre. Celui qui fait la fusion de tous ces sentiments ne peut qu’être un grand auteur, d’un grand livre.

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