Archives de septembre 2009

Noms de rues à São Paulo

Il est créatif ce bonhomme avec des lunettes qui tombent sur le nez et des mains creusées de rides qui a comme métier de donner le nom (odonyme) à toutes les rues, avenues, boulevards, allées et places de São Paulo.  Ce bonhomme a la tâche ardue de décider comment les habitants et les voyageurs vont appeler les 50.000 voies de la ville.

Pour rendre son travail moins difficile, parfois il opte pour répéter quelques noms, en changeant seulement l’identification. Ainsi, on y trouve la Rue Portugal, l’Avenue Portugal, la Place Portugal, etc. D’autres fois, il laisse la créativité flotter, créant des noms comme Rue Purpurina (Rue des Paillettes), ce qui nous remet au Carnaval, au déguisement, à la fête. Pas mal pour un nom de rue.

D’autres fois, un peu par paresse, un peu pour identifier les quartiers, il élit un sujet et le maintient pour plusieurs rues. Par exemple, il y a le quartier des pays: Rue Cuba, Rue France, Rue Turquie, Rue Costa Rica, Rue Italie, Place du Vatican, etc.

Quartier pays

Mon quartier, par exemple, fait référence aux états des États-Unis: Rue Nebraska, Rue Californie, Rue Kansas, Rue Floride, etc. À côté de mon travail, les rues ont les noms de physiciens: Rue Hans Oersted, Rue Léon Foucault, Rue André Ampère, Rue James Watt, Rue Michael Faraday, etc. L’agence immobilière se trouve dans le quartier des fleurs: Rue des Roses, Rue des Hortensias, Rue des Camélias, Rue des Azalées, etc.

Les rues attirent toujours mon attention. En marchant beaucoup, je repère quelques détails: la numérotation des voies, les plaques des noms, le pavé, la forme, et je me demande qui est ce gentil bonhomme qui a comme métier choisir tous ces noms.

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Ouro Preto, façades

Ouro Preto est une ville brésilienne au style colonial, fondée sous le nom de Vila Rica vers la fin du 17ème siècle par des explorateurs, appelés bandeirantes. Suite à la découverte de filons d’or, le village a attiré un grand nombre de chercheurs d’or, devenant la plus importante ville du pays, avec plus d’habitants que New York à l’époque. Aujourd’hui, classée comme patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, Ouro Preto est connue comme le plus grand ensemble architectural baroque au monde.  Une belle ville pour revenir à une période de l’histoire du Brésil et à l’art de l’époque. Parfaite pour flâner dans ses rues de pierres, comme pour visiter les différentes églises qui ont été élevées comme signe de pouvoir par les familles riches (il est interdit de photographier à l’intérieur afin de protéger les délicates oeuvres d’art qui s’y trouvent, comme celles de Aleijadinho ou Ataíde). Les collines autour, la gastronomie local, l’artisanat, la nature (il y a même un grand parc préservé à l’intérieur de la ville, le Parc Horto dos Contos), les fêtes universitaires et le chemin de train liant Ouro Preto à Mariana complètent la liste d’attractions de cette très charmante ville. Je vous laisse avec un aperçu des détails des façades d’Ouro Preto:

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La mémoire

Plonger dans le passé et retrouver son présent, voir le chemin parcouru et reconnaître les bases de sa vie. Il faut tout ce qu’on a vécu pour construire le futur, chaque étape étant là pour que l’on accède au sommet. La mort n’efface pas le passé, juste l’oubli. La mémoire des jours vécus, c’est ce que nous rend vivants.

Une ode à la mémoire et un alerte au réchauffement climatique.

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Tour de Babel

A la maison, on parle français et portugais

Au travail, je parle espagnol, portugais et anglais

Dans l’ascenseur du bâtiment du boulot, j’entends le japonais, l’anglais, le français, l’espagnol

Dans mon quartier, j’entends les gens qui parlent espagnol et français

Dans le bus, j’entends souvent l’anglais

Notre filleule, qui l’on retrouve sur skype, commence à parler ces premiers mots en français, portugais, anglais et allemand

Je me demande jusqu’à quand va tenir cette Tour de Babel dans laquelle je me sens dedans.

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Ce que j’aime à São Paulo

São Paulo vue du ciel

São Paulo vue du ciel la nuit

La dernière fois que je suis allée dans ma ville d’origine, Porto Alegre, la question à laquelle j’ai le plus répondu a été « comment c’est la vie à São Paulo? ». Comme il s’agit de la principale ville du pays, c’est normal que grand nombre de gens du sud finissent pour y venir travailler, tombent amoureux et y restent pour toute la vie. D’autres font une image d’une ville menaçante et insupportable à vivre en raison du trafic, des distances, de la pollution, de la violence. Avant de déménager à São Paulo, j’avais en moi un mélange des deux sentiments: je pensais que c’était une ville avec beaucoup d’opportunités, où il serait possible de trouver un monde entier qui m’intéresse, mais aussi, j’avais peur, j’imaginais une ville sans vie, c’est-à-dire, sans nature, sans endroits tranquilles et silencieux pour se prélasser, un endroit où on marchait que sur le béton.

Ma surprise en arrivant ici a été de voir que je me suis trompée en ce que concerne la deuxième impression. La nature est assez exubérante, tropicale je dirais, dans certains quartiers, comme à Morumbi, par exemple. Je me suis trompée aussi pour pas mal de choses, aussi négatives que positives. Alors, après six mois dans la « ville de la bruine », je peux dire ce que j’aime et ce que je n’aime pas à São Paulo. Les conclusions me sont venues dans la tête pendant que je répondais à mes « compatriotes » la question ci-dessus. Comme tout le monde connait déjà ses problèmes (ceux de n’importe quelle grande ville: trafic, pollution, trop de monde), je me limiterais sur les points positifs. Ils sont personels, bien sûr, tout le monde n’est pas obligé d’être d’accord 🙂

Ce que j’aime à São Paulo:

– Pouvoir voir les jolies maisons fleuries de mon quartier et observer les centaines de « caturritas » (Conure veuve, selon wikipedia) qui se promènent d’arbre en arbre.

– Pouvoir aller à pied (contrairement à beaucoup de gens, je sais) au travail.

– Avoir un nombre incroyable d’options culturelles. Ça m’arrive souvent de rater pas mal de choses interessantes, car il y a trois ou quatre expositions, présentations, concerts, promenades, pièces de théâtre, etc, à la fois. Puis, avec l’année de la France au Brésil, le nombre d’activités qui m’attirent a tripliqué. Il me manque du temps pour tout faire.

– Avoir un nombre incroyable d’options pour sortir la nuit ou pour dîner.

– Y rencontrer du monde. Même pour un nouvel arrivant il est presque impossible de ne pas connaître quelqu’un à São Paulo. Du voisin d’enfance à l’ex-collègue de fac, du copain d’un copain à l’ex-boss, etc. Ça se passe aussi au niveau international (Monsieur a rencontré ici un fils des amis à ses parents, par exemple). De ce fait, les cercles d’amitiés et de contacts vite s’agrandissent.

– Rencontrer toute sorte de bouffe à deux pas de chez soi. La variété de fruits et légumes relève du jamais vu. Les produits industrialisés de n’importe quelle cuisine du monde nous permettent d’être largement créatifs dans le domaine gastronomique (dans ce point-là, on se contient un peu vu que pour faire venir la semoule du Maroc on fait payer notre pauvre  nature. Mais on peut avoir aussi des produits frais délivrés chez nous pour des agriculteurs bio qui cultivent juste à côté de São Paulo – encore un point positif pour la ville).

– Avoir de la propreté visuelle. En arrivant à São Paulo j’ai aperçu qu’il avait quelque chose de différent dans les rues. Après, en lisant sur la loi « Ville Propre », je me suis rendue compte ce que c’était: il n’y a pas de publicité. La loi, valable depuis 2006, a pour but éliminer la pollution visuelle et interdire toute sorte d’affiche publicitaire, comme outdoors, panneaux lumineux, etc. La loi est applicable même pour les taxis, les bus et les vélos!

– Être juste à côté de très belles plages. Rio, c’est la « girl from Ipanema », bien sûr, mais à São Paulo il y a aussi des plages magnifiques et assez préservées.

– Pouvoir me déplacer en métro et train. Certes que ce n’est pas le métro idéal, mais il facilite beaucoup la vie.

– Le climat sec. Après avoir vécu grand part de ma vie dans des villes humides (Porto Alegre, Orlando et Rennes – il n’y a qu’Aix-en-Provence qui s’échappe à cette condition), ma santé me remercie d’avoir choisi un endroit plus sec pour vivre.  La rhinite est partie et la peau et les cheveux sont plus contents.

– Être dans la ville la plus importante du pays et, donc, recevoir chez soi avec fréquence les amis ou les gens de la famille qui viennent pour leurs affaires.

– Rencontrer des gens de tout le pays et de tout le monde. On apprend pas mal quand on est en contact avec d’autres cultures.

– Avoir beaucoup d’options où travailler. Depuis que je suis à São Paulo je n’ai jamais cherché du boulot. Ils tombent sur les mains sans trop d’efforts.

Il y a d’autres points positifs que je ne connais même pas, vu le nombre de gens qui aiment cette ville, malgré tous ses défauts. Ce n’est pas facile à l’aimer, mais je pense que ceux qui l’aiment ne sont pas prêts à la quitter.

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Ailleurs II

– Pourquoi tu aimes les choses qui sont autour de toi?

– Parce que je ne vois pas plus loin.

Un enfant qui demande à un bonhomme. Écouté lors d’une émission à France Inter. Je pense que c’est la réponse à Ailleurs.

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