Dans le Nord

Tout a comencé par une session cinéma chez les beaux parents. La belle-mère voulait montrer ce qu’elle avait dans le tiroir de DVD et en a sorti la « success story » de l’année dernière: Bienvenue Chez les Ch’tis. Elle a avoué ne pas comprendre très bien le phénomène autour du film (elle connaissait quelqu’un qui a été le voir sept fois, c’est de la folie !), vu qu’il s’agissait d’une comédie comme beaucoup d’autres. Mais, pour nous, c’était une occasion pertinente de la regarder sachant que le jour suivant nous marchions finalement (et pendant un mois) sur la terre des Ch’tis.

Tout le monde était installé, le vidéo démarra, premier arrêt : le beau-père stoppe le film pour aller dans la cave chercher une Genièvre (boisson mentionnée pendant un dialogue du film), quatre verres, deux  gorgées pas très faciles à avaler — l’alcool des gens du Nord ne pouvait pas être moins fort. Voilà, le premier contact avec la culture était fait, poursuivons la programation.

Ensuite, j’ai appris ce qu’est une barraque à frites, un beffroi, un estaminet , la carbonnade flamande, le maroille (ah, le maroille, j’en ai bien profité, avec la salade, avec la viande, avec des pâtes,  de n’importe quelle façon, ah, *soupir*). Aussi, j’ai compris comment prononcer « Le vieux Lille » à la façon de la région et comment bien dire « le sien » et « ça » en ch’timi. J’ai aussi compris qu’il fallait s’attendre à de gens très sympas et accueillants, malgré la température.

Le beffroi de la Chambre de Commerce de Lille

Le beffroi de la Chambre de Commerce de Lille

Le long métrage n’échappe pas à une bonne formule de la comédie française du genre « Les Bronzés » : situations inattendues, malentendus, quiproquos, des clichés politiquement incorrects, des jeux de mots, la ridiculisation des actions ou des personages et un scénario prévisible. Mais le succèes  peut être expliqué par le fait de faire un petit (et restreint, avouons-le) portrait social d’une des plusieurs cultures  presque oubliées de la societé française, mais qui sont encore beaucoup representées dans les villages du pays, malgré l’universalisation imposée des grandes villes.

Je crois que c’est l’identificacion avec cette France « profonde » dans les confins du pays qui a plu aux presque 20 millions de spectateurs qui l’on vu au cinéma en France. J’imagine que les Français et les Françaises se sont en quelque sorte reconnus dans la culture du Nord en mettant à la place leur propre culture régionale.  La culture du Nord, le sujet du film, a été comme d’autres en France victime des prejugés et des plaisanteries. Les ch’tis sont des abrutis, ils ne connaissent pas le soleil, ils sont de beaufs alcooliques, etc. Certes, le metteur en scéne, Dany Boon, lui même un ch’ti, exagère et met l’accent sur ces « differences » et sur le contraste avec l’image idealisée du Sud, ce pour quoi on lui a reproché de renforcer ces prejugés.

Mais, bon, in loco, j’ai pu constanter que dans une grande ville (pour les critères français) les cultures  régionales se perdent, melangées dans le chaudron de cultures qui y cohabitent.  Quelques traces sont preservées, certes, mais il faut aller dans la « France perdue » pour la vivre vraiment. Ça n’a pas été notre cas. Mais, de toutes façons je n’ai pas raté l’occacion d’entendre quelques accents, de manger des carbonnades flamandes dans de bons estaminets, de photographier  des beffrois,  de grignoter dans les barraques à frites.

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