Archives de mai 2009

Paris-Bucarest

Heuresement, j’ai quitté le confort de chez moi pour travesser de sud à nord la ville de São Paulo, dans la fine pluie de ce dimanche, et me rendre au thêatre pour assister au spectacle Paris-Bucarest, de Nathalie Joly. D’une voix grave et puissante, la chanteuse joue Maria Tănase et nous emmène en Roumanie, aux années 1930-1940, à la ville autrefois appelé de « Paris de l’Est ». L’atmosphère du monde tzigane se fait présent par l’interprétation des doinas (chanson traditionnelle roumaine), pleines de mélancolie, d’ivresse, de passion, de désillusion d’amour.

Du côté de la mise en scène, le décor minimaliste a été enrichi par l’interprétation de Nathalie, ses gestes austères, sa position dans la scène, son regard figé envers le publique. Et pour en finir, l’accordeón. L’instrument et son joueur, Thierry Roques, sont d’une beauté singulière. Le musicien reste presque tout le temps du spectacle assis immobile devant une table de bar, mais mon regard lui a cherché constamment. J’admire la musique de cet instrument, mais aussi les mouvements qu’il demande de son joueur. Tous les trois, Nathalie, Thierry et l’accordeón,  réunis sur scène, ont fait un joli tableau et un super concert. Heuresement j’ai quitté le confort de chez moi dans ce dimanche pluvieux…

Paris-Bucarest

Paris-Bucarest

* Page de Nathalie Joly au Myspace: http://www.myspace.com/nathaliejoly.Video pot pourri de Paris-Bucarest, ici.

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Étonnants Voyageurs

Affiche de l'édition de 2009

Affiche de 2009

Ce prochain WE, c’est la fête de Pentecôte, ce que veut dire que c’est le WE d’Étonnants Voyageurs! Si j’habitais en France, j’y irais à Saint Malo certainement. Tous les ans, à la même époque, le rencontre célèbre la litterature, le cinéma et la photographie des aventuriers, des voyageurs, des navigateurs, des rêveurs. C’est incroyable le nombre de choses belles que l’on y trouve, tout en étant dans cette ville d’une atmosphère indéfinissable.

La cité corsaire devient un lieu de fête et de refléxions, où on croise écrivains, réalisateurs, photographes et dessinateurs. C’est un festival très ouvert sur le monde et sur l’avenir. J’y ai participé en 2005, rammenée par mon beau-père qui a été marin de profession et qu’est toujours navigateur et un passioné par la mer. Cette année-là, le Brésil était un des pays invités (on était dans l’année du Brésil en France) et il y avait parmi des écrivains qu’y circulaient Tabajaras Ruas (un gaúcho!), Luiz Ruffato et Bernardo Carvalho. J’ai aussi rencontré Heloisa Novaes, illustratrice brésilienne qui m’a dédicacé l’édition bilingue de Comment sont nées les étoiles, de Clarice Lispector, bouquin qui m’a été offert par ma belle-mère.

Affiche 2005

Affiche de 2005

J’ai été attiré par la beauté des affiches du festival. En 2005, le thème Quelle littérature pour demain? proposait lier les auteurs d’aujourd’hui aux lecteurs de demain en invitant des jeunes écrivains des cinq continents à découvrir les horizonts de la littérature. Le visuel de l’affiche traduit avec délicatesse le regard sur l’avenir a partir de l’image d’un jeune homme qui regarde devant lui pendant un voyage sur le ciel. Un voyage fantastique, je dirais, carrément influencé par les traces du dessinateur et réalisateur japonais Hayao Miyazaki. D’ailleurs, dans l’affiche de l’édition de 2007 il y a une très forte référence au film Le Château dans le Ciel. Prouve de cette liaison entre le festival et Miyazaki sont les projections de certains de ses films lors du festival de 2005.

Château dans le ciel X affiche 2007

Château dans le ciel x Affiche 2007

J’ai lu que Étonnants Voyageurs est le deuxième grand festival du genre en France. Pas étonné étant donné que la Bretagne est une des régions dans laquelle on lit le plus, on fréquent le plus les bibliothèques et on participe le plus à de manifestations culturelles. J’ajoute que c’est la région où on voyage le plus. C’était un bréton originaire de Saint Malo, Jacques Cartier, qui a « découvert » le Canada. La région est pleine d’histoires d’aventures, de pirates et corsaires, ce que la fait enchantée. Ce festival ne fait qu’en ajouter.

* Pour lire ce post je recommende la bande sonnore de Entre Terre et Mer, série que j’ai connue grace au malouin qui habite chez moi 😉

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Sur les ondes de la radio

Au travail, à la maison, dès que je peux me connecter sur internet, j’écoute France Inter. Je suis un peu accro à cette relation qui vient du temps où je suis débarquée en France, en 2004. Mes soirées à la Cité U étaient envahies par les ondes sonores des flash d’infos, des musiques et de la voix grave de Macha Béranger. Pendant que je dînais ou presque endormie au lit, France Inter a été ma compagnie et mon professeur de français. Depuis ce temps là, on ne s’est plus quitées. Les dimanches après-midi je suis au rendez-vous avec Au détour du monde, suivi de Les P’tits Bateaux et du je-ne-peux-pas-louper Le Masque et la Plume.  J’ai mes Rendez-vous avec x aux samedis. La dose journalière est assuré par La tête au carré, 2000 ans d’histoire et Allô la Planète.

Cette dernière émission m’a permis de parler au monde. Dans une très très chaude soirée d’été au Brésil, je racontais à Eric Lange et aux auditeurs « à l’antenne » comment se passaient les choses à Porto Alegre, de la politique en passant par le climat jusqu’à l’histoire. De cette conversation, quelques morceaux sont restés enregistrés sur les archives de la radio. Un jour, au travail, distraite, j’ai l’impression d’éntendre ma voix. Non, ce n’était pas une impression. Plus d’un an après, on en a diffusé quelques extraits. Étonnée par ce que je venais d’écouter (Eric disait que faisait du bien d’écouter mon « très très chaud »), j’écris vite un email. Ils m’invitaient de nouveaux à raconter, cette fois-ci, comment les choses se passent à São Paulo. Dommage, mes amis, à l’heure de l’émission je suis au boulot, ce n’est pas un endroit très approprié pour bavarder avec le présentateur d’une radio française.

Ondes Courtes

Ondes Courtes

Mais je me détiens sur cette sensation de appartenance et de proximité qui se rendent possible grace à la radio. Depuis que j’ai commencé l’école de journalisme,  la radio a été la média qui m’a plus attirée. Peut-être j’ai été influencé par mes parents qui écoutaient des émissions en anglais, allemand et espagnol par ondes courtes. Les ondes sont restés dans mon inconscient et je repète ce qu’ils faisaient: je prête l’oreille à des ondes qui vient par internet en d’autres langues. Cela me fait sentir si proche de ceux qui sont très loin: on partage la même conversation, on rigole, on apprend des choses sérieuses, on jette notre bouteille à la mer. Et il y a toujours quelqu’un pour la récupérer à l’autre bout du monde.

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La petite São Paulo

SPVous me croirez si je racontais qu’un jour, lors de ma première semaine à São Paulo, je me promenais tranquillement au parc Ibirapuera quand j’ai entendu une voix qui m’appellait par mon nom? Dans un parc de 1,6 millions de m², dans une  ville de 10,9 million d’habitants, où je venais de m’installer, quelqu’un m’appellait par mon nom. Mon nom prononcé au milieu des arbres, de la pelouse, des oiseaux, dans la jungle de béton. Moi, qui connaissais à peine deux  personnes dans la terre de la bruine, j’ai entendu mon nom. Le proprietaire de la voix, c’était le fils des amis de mon père. Il venait du Nord du pays et passait quelques jours chez des amis à São Paulo avant de rentrer au Sud. Coïncidence fêté, nous avons prévu de sortir le soir. Ambiance agréable, bar correct, bonne musique, des nouveaux amis sympas ajoutés aux contacts.

Croyez-moi, cela peut se passer dans la big city. Plus qu’une fois dans l’intervalle de trois mois. Moi, à peine à 90 jours dans la ville qui ne s’arrête jamais, j’ai entendu mon nom dans la queue d’un distributeur dans le complexe du Centre d’Activités Nações Unidas. Moi, qui travaille à moins de trois mois là où bossent des milliers des employés de grandes sociétés, j’ai entendu, pour la deuxième fois, mon nom. Une voix, juste derrière moi, lisait mon nom et prénom dans la compte de gaz que j’allais payer juste après chez le distributeur. Je tourne le dos, mon pote d’enfance, celui qui m’a surnommée affectueusement de Capitão Caverna ou de Cavernosa (puisque j’étais un tout petit peu agressive quand les garçons ne me laissait pas jouer avec eux). Lui, à peine à deux jours dans la capital de l’Amérique du Sud, a lu mon nom dans une compte et l’a prononcé derrière moi. Lui, mon ami d’enfance, travaille dans le même gratte-ciel que moi et habite dans la même région que moi. Étonnement passé, numéros de téléphones echangés, encore un bon nom ajouté aux contacts. La petite São Paulo m’a offert de bonnes surprises depuis que je marche sur ses terres.

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Chroniques du Brooklin

Le téléphone sonne, au bout du fil, le mari:
– T’es où?
– En Californie.
– En Californie??
– Oui, mais j’arrive à New York.
– Ah, d’accord, je t’attends en Indiana.
– Ok.

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Dans le Nord

Tout a comencé par une session cinéma chez les beaux parents. La belle-mère voulait montrer ce qu’elle avait dans le tiroir de DVD et en a sorti la « success story » de l’année dernière: Bienvenue Chez les Ch’tis. Elle a avoué ne pas comprendre très bien le phénomène autour du film (elle connaissait quelqu’un qui a été le voir sept fois, c’est de la folie !), vu qu’il s’agissait d’une comédie comme beaucoup d’autres. Mais, pour nous, c’était une occasion pertinente de la regarder sachant que le jour suivant nous marchions finalement (et pendant un mois) sur la terre des Ch’tis.

Tout le monde était installé, le vidéo démarra, premier arrêt : le beau-père stoppe le film pour aller dans la cave chercher une Genièvre (boisson mentionnée pendant un dialogue du film), quatre verres, deux  gorgées pas très faciles à avaler — l’alcool des gens du Nord ne pouvait pas être moins fort. Voilà, le premier contact avec la culture était fait, poursuivons la programation.

Ensuite, j’ai appris ce qu’est une barraque à frites, un beffroi, un estaminet , la carbonnade flamande, le maroille (ah, le maroille, j’en ai bien profité, avec la salade, avec la viande, avec des pâtes,  de n’importe quelle façon, ah, *soupir*). Aussi, j’ai compris comment prononcer « Le vieux Lille » à la façon de la région et comment bien dire « le sien » et « ça » en ch’timi. J’ai aussi compris qu’il fallait s’attendre à de gens très sympas et accueillants, malgré la température.

Le beffroi de la Chambre de Commerce de Lille

Le beffroi de la Chambre de Commerce de Lille

Le long métrage n’échappe pas à une bonne formule de la comédie française du genre « Les Bronzés » : situations inattendues, malentendus, quiproquos, des clichés politiquement incorrects, des jeux de mots, la ridiculisation des actions ou des personages et un scénario prévisible. Mais le succèes  peut être expliqué par le fait de faire un petit (et restreint, avouons-le) portrait social d’une des plusieurs cultures  presque oubliées de la societé française, mais qui sont encore beaucoup representées dans les villages du pays, malgré l’universalisation imposée des grandes villes.

Je crois que c’est l’identificacion avec cette France « profonde » dans les confins du pays qui a plu aux presque 20 millions de spectateurs qui l’on vu au cinéma en France. J’imagine que les Français et les Françaises se sont en quelque sorte reconnus dans la culture du Nord en mettant à la place leur propre culture régionale.  La culture du Nord, le sujet du film, a été comme d’autres en France victime des prejugés et des plaisanteries. Les ch’tis sont des abrutis, ils ne connaissent pas le soleil, ils sont de beaufs alcooliques, etc. Certes, le metteur en scéne, Dany Boon, lui même un ch’ti, exagère et met l’accent sur ces « differences » et sur le contraste avec l’image idealisée du Sud, ce pour quoi on lui a reproché de renforcer ces prejugés.

Mais, bon, in loco, j’ai pu constanter que dans une grande ville (pour les critères français) les cultures  régionales se perdent, melangées dans le chaudron de cultures qui y cohabitent.  Quelques traces sont preservées, certes, mais il faut aller dans la « France perdue » pour la vivre vraiment. Ça n’a pas été notre cas. Mais, de toutes façons je n’ai pas raté l’occacion d’entendre quelques accents, de manger des carbonnades flamandes dans de bons estaminets, de photographier  des beffrois,  de grignoter dans les barraques à frites.

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