Archives de octobre 2007

Chronique d’un taxi

voiture

Photo de mon archive

Je sors d’un vernissage et je prends un taxi. C’est tard, il faut arriver vite chez moi, je me réveille à 5h du mat’. La tête tournait un petit peu en rond — le vin mousseux de la soirée n’était pas du tout mauvais et, en plus, la compagnie des amis m’ont bien motivée à ne pas faire attention aux flûtes posées par les serveurs. J’ouvre la porte, et je me trouve avec le chauffeur qui dormait très confortablement dans sa voiture. Si je voulais être polie, je dirais qu’il était gros, mais comme je suis devenue un peu méchante dernièrement, je dirais qu’il était bedonnant, pansu. Son ventre était énorme, tout mou. Pas de choix, je m’assis et voilà nous: direction chez moi.

Avant qu’il puisse ouvrir la bouche, je remarque qu’il conduisait très mal assis, au dos courbé, la tête enfoncé dans les épaules d’une telle façon que son visage touchait à peine à la hauteur du volant. Le trajet n’était pas long, mais plus que suffisant pour que je connaisse le type de ce type, vu qu’il roulait avec une très faible vitesse. Il démarre le discours et je n’ai eu la chance que de lui prêter l’oreille.

Lui, un policier retraité, divorcé, avec 10 filles, et une copine de 24 ans — quelque 40 ans moins agée que lui — avec laquelle il venait de rompre. Il raconte toute son histoire: son très bon salaire, la retraite, la maladie, les aventures sexuelles. Dernièrement, les 10 filles qu’il doit s’en occuper, même si elles sont déjà des adultes, et la copine qui n’achète que des fringues de marque. Il s’en fou de ça, mais pour lui faire plaisir, il lui en offre quand même, ce que lui fait une dépense mensuelle de R$ 6.000 (n’oublions pas qu’il s’agit d’un chauffer de taxi). « Ma copine, elle est très coquette, celle-là ». Mais, ensuite, elle est devenue très chiante avec ce truc d’argent, elle voulait un appart’ plus grand, toujours plus de fringues, plus d’argent, et, pour compliquer, elle était très jalouse à cause d’une copine. « Très adorable et attachée à moi, mais on n’était que des vrais copains ».

La situation ne pouvait pas continuer, il rompre avec la première. L’autre copine lui raconte son affection, ils couchent ensemble quelques fois, elle se presente enceinte. « Ce n’était pas moi le père, mais un joueur de foot, de Grêmio, très connu, lui, mon proche ». Mais le joueur refusait de reconnaître l’ enfant, alors, il décide de s’engager auprès les parents de la fille, parce qu’il avait un bon coeur. « Son père était fier que c’était moi le père et … »

— Tiens, tiens, c’est bien là. On arrive.

— Ici? Ça fait R$ 6.

— Voilà, merci bien, monsieur.

— J’ai beaucoup apprécié vous parler, vous êtes une fille avec la tête très ouverte.

— Au revoir, monsieur.

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À ce soir II

mercedes sosa

La Negra

À ce soir, La Negra.

Tu me rappelles le confort et la chaleur de la maison, quand sur les bras de mes parents, je t’écoutais à moitié endormie, en regardant avec les yeux demi-serrés les tableaux indigiènes — venus de Colombie et du Perou — sans savoir ce que voulait dire l’Amérique Latine.

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