Un arbre

paris-2010

Passant,
regarde ce grand arbre
et à travers lui
il peut suffire.

Car même déchiré, souillé,
l’arbre des rues,
c’est toute la nature,
tout le ciel,
l’oiseau s’y pose,
le vent y bouge, le soleil
y dit le même espoir malgré
la mort.

Philosophe,
as-tu chance d’avoir l’arbre
dans ta rue,
tes pensées seront moins ardues,
tes yeux plus libres,
tes mains plus désireuses
de moins de nuit.

Peinture murale de Pierre Alechinsky
Poème d’Yves Bonnefoy
Rue Mouffetard, Paris

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Petals on a wet, black bough

Le film « To Rome with Love » (ajouté, récemment, tout en bas de ma liste « Déjà vus« ) renvoi à l’art et se traduit en un poème imagiste dans certains passages très esthétiques. Une pure comédie plongé dans l’atmosphère culturelle de Rome. Mais, je suis là parce que dans un certain moment, un personnage que se fait passer pour quelqu’un de très culte, cite Ezra Pound:

Petals on a wet, black bough

Un cours de métaphore ! Stricto sensu ! J’ai passé le dernier semestre à entendre ce vers dans le cours de Littérature, où nous avons plongé sur la poésie, le poème et la résistance, la métaphore, le symbole et l’allégorie.  Alors, racontez-moi, vous voyez la métaphore présente dans ce vers ? Vous la décryptez ? Qui peuvent être les pétales sur un rameau humide et noirci ? Ce n’est pas évident et, pourtant, c’est une image très belle en elle-même, sans explication, sans compréhension. Je ne l’ai appréhendé qu’en lisant le haïku tout entier, titre compris, et je ne peux pas me décider laquelle j’aime le mieux, l’image ou son déchiffrement :

In a Station of the Metro

The apparition of these faces in the crowd;
Petals on a wet, black bough.

— Ezra Pound

 
*Article sur ce poème sur wikipedia ici.

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On the road

« …walk up the long main street in the gathering dusk and feel the presence of the mountains even though we talk about other things. I feel happy to be here, and still a little sad to be here too. Sometimes it’s a little better to travel than to arrive ».

« So we move down the empty road. I don’t want to own these prairies, or photograph them, or change them, or even stop or even keep going. We are just moving down the empty road »

Zen and the Art of Motorcycle Maintenance by Robert M. Pirsig

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« Road trip » en Californie et Nevada, 2004, en montant de San Diego à Las Vegas par l’Interstate 15 (en compagnie de plusieurs Joshua Trees dans le chemin), de Las Vegas à San Francisco par l’intérieur (Interstate 5) et en descendant de San Francisco à Los Angeles par la côte, sur la splendide Highway One, avec des arrêts dans des villes comme Carmel, Malibu, Carlsbad et Big Sur (et sa belle Bixby Bridge).

Le récit de ce voyage aux États-Unis (en moto et dans la philosophie) m’est tombé entre les mains en même temps que ces images argentiques, prises il y a longtemps, enfin digitalisées.

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Drive

Le week-end dernier on a fait une session cinéma très équitable : il a choisi son film et moi le mien. J’ai proposé «The Artist» et lui «Drive», dont notre voisin avait parlé avec enthousiasme. Je voulais juste savoir s’il s’agissait d’un film violent et, devant la réponse affirmative, il a été exclu de toute possibilité de participation à ma chère liste de «films déjà vus». Une brève consultation sur l’oracle «Allociné», tout de même, et là, surprise ! Je tombe sur des cinq étoiles unanimes et des critiques de la presse enflammées qui annonçaient «une sensation unique» et «des dimensions émotionnelles». Devant cette image et ces descriptions, je n’ai pas voulu continuer à lire, c’est décidé : d’abord  «Drive» et, ensuite, «The Artist». En rentrant chez moi, il n’y avait qu’une image dans ma tête, celle de Ryan Gosling. Jean Dujardin était loin, presque disparu. Le dernier film a perdu toute sa magie, s’il en avait, en face du premier.

«Drive» est un film à sensations. Le scénario n’a rien qui puisse intéresser ou être considéré comme exceptionnel : un chauffeur cascadeur et garagiste qui conduit pour des voleurs la nuit venant. La trame est simple, d’autres films d’action n’ont rien à envier au long-métrage du danois Nicolas Winding Refn. Pourtant, ils ont tout à envier à ce polar raconté de façon presque contradictoire, où la violence et l’action prennent la forme des scènes au ralenti, où le silence envahit tous les espaces et le rythme de la musique est parfaitement cadencé avec l’atmosphère urbaine et le mouvement en continu de la voiture.

Le regard figé du laconique «driver» trace sans effort une ambiance de tension et, en parallèle, a toute la force d’un héros séduisant. Le metteur en scène va au-delà de l’économie de mouvements et de la musique pour apporter toutes ces mélanges de sensations. Il y en a du symbolisme et du mystère, surtout dans le personnage principal. Les mains sales de sang sont propres, protégées par des gants ; la violence et la fureur ne dominent pas l’âme gentille qui apporte un sourire immobile ;  la veste avec un scorpion dans le dos a dans l’autre face des bras agiles et doux. On devient complice de ce héros et on échappe à toute moralité pour lui apporter notre soutien même quand il s’agit d’un crime.

Il n’y a pas de beauté dans le décor. Los Angeles est vue du ciel et de près comme une ville sans intérêt, le néon reflète la nuit, la poussière et les fumés des voitures prennent place dans la journée. Une ville menaçante, peuplée de ces gens qui ne font que continuer dans la vie, des gangsters, des bars sales et des crimes à venir. La balade en voiture des amoureux n’est pas entourée de beaux paysages autour, c’est dans une piste abandonnée qui finit dans un ruisseau de cette sale métropole.

Dans une des scènes, on doit se contenter d’assister à la mort par l’ombre qu’elle produit. Dans une autre, la plus brutale et la plus violente, on en est face à face, sans épargne. Une sorte de façon à la Tarantino, même si en esthétique on en est vraiment loin de quelque référence entre les deux metteurs en scène.

Il n’y a pas un grand scénario, il n’y a pas de beauté dans le décor, la romance du héros criminel et de la belle vulnérable est un cliché exploré à profusion dans le cinéma, mais on en est fasciné malgré tout ! Le magnétisme se trouve dans la façon dont la narration est faite, dans les sensations apportées et dans le retour à une ambiance des années 1980 fortement influencé par les battements de l’électro musique. Esthétique, énigmatique, photogénique, modeste, saisissant, fort en sensations, «Drive» n’a rien pour être considéré comme un chef-d’œuvre et, pourtant, c’est justement cela que nous attache.

Arrivés à la maison, on cherche plus à en savoir sur ce battement qui ne sort pas de l’oreille et sur ces images fixées sur nos yeux. «Je le savais ! Le metteur en scène est le même que celui de Pusher, la trilogie dont je t’avais parlé». Le DVD est depuis longtemps sur les étagères et je ne lui ai porté aucun intérêt. Il est temps de changer d’avis. Aurai-je la même surprise que j’ai eue avec «Drive» ?

Bande-sonore très prenante :

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Le seul véritable voyage

Je ne voulais pas oublier ces mots, alors, je les éternise dans mon petit coin sur le web

Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence, ce ne serait pas d’aller vers de nouveaux paysages, mais d’avoir d’autres yeux, de voir l’univers avec les yeux d’un autre, de cent autres, de voir les cent univers que chacun d’eux voit, que chacun d’eux est. (Marcel Proust)

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Portugal

Maman fait un voyage de découverte des vignobles portugais (île de Madère inclus) et j’en profite pour faire un petit compliment photographique à ce pays qui est à l’origine de la langue parlée au Brésil et qui nous a transformé, pour le meilleur ou pour le pire, en ce qui nous sommes aujourd’hui.

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Carimbó

Musique d’origine indigène typique du Pará, le carimbó est accompagné d’une danse très frénétique entre hommes et femmes. Ici, photos prises à Soure, dans l’île de Marajó.

*Tous droits reservés, reproduction interdite sans l’accord de l’auteur.

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